L’Auberge

Hébergement en chambre d’hôtes au cœur de la Haute-Ville de Québec, L’Auberge J.A.Moisan vous offre un hébergement de grande qualité au cœur de la Haute-Ville de Québec et à proximité des attractions suivantes : Centre des congrès, Parlement du Québec, Grand-Théâtre,Plaines d’Abraham, Grande-Allée, Capitole, Palais Montcalm.

Vos hôtes, Nathalie et Clément, vous accueillent dans une maison urbaine traditionnelle du XIXe siècle : une résidence et un commerce qui ont échappé à l’incendie dévastateur du faubourg en 1881.

Construite en 1805, cette résidence abritait jadis M. Jean-Alfred Moisan, fondateur de l’épicerie J.A. Moisan en 1871, et sa famille. Toujours opérationnelle, l’épicerie se situe dans la même résidence, au rez-de-chaussée. Elle est considérée comme la plus ancienne en Amérique du Nord.

L’ Auberge J.A. Moisan est située sur l’une des plus vieilles rues commerciales au pays. Venez vous imprégner de l’ambiance unique du faubourg Saint-Jean. Ce secteur, que les résidents appellent toujours le Faubourg, est caractérisé par une fonction résidentielle importante, cotoyant de façon harmonieuse une fonction commerciale diversifiée. En déambulant sur la rue Saint-Jean, vous y découvrirez boutiques, cafés, bars et restaurants, qui témoignent de sa vitalité et de celle du faubourg qu’elle traverse.

À l’Auberge J.A. Moisan, nous vous offrons quatre chambres d’hôtes, chacune équipée d’une salle de bain privée et climatisée par un système central.
Vous serez charmés par le caractère anglais d’inspiration victorienne de sa maison et par sa terrasse de ville.

N’hésitez pas à communiquer avec nous pour de plus amples renseignements, à consulter nos tarifs et à cliquer sur la page Accès pour nous situer facilement.
Au plaisir de votre visite.

La petite histoire

L’épicerie J.A. Moisan est une institution dans le milieu commercial et culturel de la ville de Québec. Sa reconnaissance va au-delà de la ville et de la province. Nul doute que sa réputation n’est plus à faire. Cependant, nous voulons faire connaître et apprécier le potentiel de cette institution par la mise en valeur de J.A. Moisan, son cadre de vie et les lieux où il a vécu avec sa famille au XIXe siècle.

Les appartements de la famille Moisan, situés au-dessus de l’épicerie actuelle ont été rénovés et restaurés dans cet esprit. De plus, nous avons élaboré le potentiel architectural des lieux afin de rappeler la vie et l’œuvre de J.A. Moisan et des siens, lieux dont il a lui-même trouvé son inspiration de son ancien propriétaire, le capitaine John Dick, chef du port de Québec à la retraite, qui l’a fait construire en 1871. Le tout, en perspective avec les activités du milieu et de l’époque. Ainsi, nous offrons aux personnes intéressées la possibilité de visiter le logement d’un commerçant francophone qui a su tirer son épingle du jeu malgré l’époque où le monde des affaires était en général réservé au milieu anglophone.

Monsieur Moisan

J.A. Moisan est né le 25 décembre 1848, du mariage de Jean Moisan, menuisier du faubourg, et de Marie Anne Gingras. Il a grandi au milieu du faubourg Saint-Jean dans la Haute-Ville de Québec, lieu même où il fonde son commerce en 1871, en l’occurrence l’épicerie J.A. Moisan, et y élève sa famille. En 1885, l’épicier J.A. Moisan est devenu propriétaire de l’immeuble du 699, rue Saint-Jean. Son épicerie était fréquentée par des gens de toutes les classes sociales. On y trouvait déjà des produits rares, non disponibles au marché Berthelot de la Haute-Ville ou au marché Finlay de la Basse-Ville. En 1921, M. Moisan achète la résidence voisine de son commerce (aujourd’hui le jumelé situé au 685, rue Saint-Jean), pour pouvoir y agrandir son magasin. Le projet d’agrandissement ne s’est pas concrétisé. Il a plutôt aménagé le premier plancher en espace commercial pour ensuite le louer à la Commission des liqueurs du Québec.

Il est décédé à l’âge de 78 ans, laissant dans le deuil sa deuxième femme, Ludivine Boudreault, et sept enfants de sa première femme, Laetitia Clavet. Ses obsèques ont eu lieu le lundi de Pâques en son église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste, en plein cœur du faubourg Saint-Jean où il avait fait carrière. Cinquante-six ans après sa fondation, le Vendredi saint 15 avril 1927, les abonnés du quotidien l’Événement pouvaient lire ce qui suit :
“L’un des vieux et des plus estimés commerçants de Québec est mort hier en la personne de M. Jean-Alfred Moisan, fondateur de la maison J.-A. Moisan, qui tient une épicerie modèle depuis plus d’un demi-siècle au nº 341 rue Saint-Jean.  Feu M. Moisan était un homme actif qui n’aimait pas à désarmer devant la vieillesse.  En dépit des avis d’une maladie qui l’avait tenu éloigné de ses affaires pendant plusieurs mois, il aimait à suivre les développements de son commerce. C’est en remplissant une tâche trop rude pour ses forces, ces jours derniers, qu’il a aggravé son état.  Dimanche dernier, il fut pris de douleurs rhumatismales en se rendant à la messe et il sentit bientôt que ses forces l’abandonnaient rapidement.  Il a expiré doucement vers six heures, hier soir, entouré de son épouse et de ses enfants.”

J.A Moisan a connu des événements bouleversants, notamment le grand incendie dévastateur de 1845 que ses parents ont vécu et qui a détruit la presque totalité du faubourg Saint-Jean (1 200 maisons sont détruites et 9 000 personnes se retrouvent sans abri). M. Moisan a résisté aux épidémies meurtrières, notamment celle du choléra, survenues en 1866 et 1871. Par la suite, il a fait face, mais cette fois en tant que commerçant et père d’une famille nombreuse, à deux incendies majeurs : l’incendie du faubourg Saint-Louis (1876) et celui, plus dévastateur encore, du faubourg Saint-Jean (1881); 1 500 familles ont été jetées sur le pavé alors que 800 maisons tombaient sous les flammes. Alors que la partie du faubourg Saint-Jean à l’ouest de la Côte Sainte-Geneviève était incendiée, y compris l’église Saint-Jean-Baptiste, l’épicerie J.A. Moisan était épargnée. Témoin du patrimoine commercial du quartier, ce commerce continue de jouer un rôle de service et de revitalisation de son milieu. Joseph Elzéar (J.E.), fils de Jean-Alfred Moisan, a succédé à son père en tant qu’héritier légal. En 1939, il a dû faire cession de ses biens pour cause de faillite. Acquis par son beau-frère Jean-Ernest (dit James) Beaudin, aussi employé de l’épicerie, le commerce sera remis sur pied. En 1978, après 50 ans de travail continu, Beaudin vend à Boris Maltais un commerce transformé, mais où l’on trouve encore les traces des anciens aménagements et beaucoup d’objets anciens.

C’est à ce moment que l’épicerie J.A. Moisan retrouve ses airs anciens grâce aux nouveaux propriétaires qui privilégient une approche respectueuse de restauration du patrimoine et une mise en valeur des objets anciens trouvés dans l’épicerie. Avec plus d’un siècle d’opération, l’épicerie J.A. Moisan continue à offrir au faubourg Saint-Jean une qualité de vie et une interprétation vivante du quartier. Cette présence active permet d’attirer une clientèle fidèle à laquelle s’ajoutent des touristes de plus en plus nombreux. Sans Moisan, la rue Saint-Jean n’aurait plus la personnalité et la couleur qu’on lui connaît.

FAUBOURG SAINT-JEAN-BAPTISTE

Dès le début du régime français, l’espace qui deviendra le faubourg Saint-Jean (aujourd’hui le Quartier Saint-Jean Baptiste) est couvert de terres agricoles. Jusqu’en 1790, les terres du coteau Sainte-Geneviève appartiennent à quelques grands propriétaires qui les exploitent. Les Ursulines et les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu se partagent la plus grande partie du territoire.

En 1792, le faubourg Saint-Jean était compris dans le quadrilatère formé par les rues Saint-Joachim, Richelieu, la Côte Sainte-Geneviève et la limite des glacis. La population était alors de 845 habitants. En 1798 s’ajoute la rue Saint-Olivier et la population augmente à 1 245 habitants.

Le faubourg Saint-Jean s’établi donc au porte de la vieille ville et prend naissance à l’emplacement de la Place d’Youville, le long du chemin du Roi. Ce chemin, devenu depuis la rue Saint-Jean, reliait Québec à Montréal dès 1734.  M. Moisan a passé son enfance dans le faubourg Saint-Jean, au nord de la Haute-Ville, à l’époque où la rue Artillerie se nommait Artillery, la rue St-Michel St-Michael et la rue Saint-Jean St-John Without, c’est-à-dire, hors-les-murs. Nul doute que Moisan rêvait depuis longtemps d’établir un commerce sur cette rue très achalandée.

Entre 1815 et 1860, on estime à un million le nombre d’immigrants européens qui débarquent à Québec. La plupart s’établiront au Haut-Canada et aux États–Unis. Pendant cette période, la population de la Ville passe de 15 000 habitants à 50 000. Cependant, un certain nombre d’immigrants, surtout des Irlandais, y élisent domicile à tel point qu’en 1861, 40 % des citoyens de Québec parlent anglais. Dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, la plupart des Irlandais s’installent rues O’Connell, St-Patrick et Scott.

Passage et porte d’entrée, la rue Saint-Jean, l’une des plus anciennes rues du pays, a conservé ces rôles tout en maintenant au fil du temps, une vie commerciale animée et enracinée dans la communauté du faubourg.

Aujourd’hui, le quartier Saint-Jean Baptiste demeure encore un lieu privilégié des gens de la Ville de Québec et des banlieusards, qui viennent s’y promener, magasiner et flâner. Tous y retrouvent un coin agréable où l’on peut s’exprimer dans un milieu culturel unique au Québec et au Canada. Les témoignages des touristes, tant européens qu’américains, confirment ce caractère unique. Une simple visite à l’épicerie J.A.. Moisan et le temps de s’y imprégner de son atmosphère convainc les visiteurs qu’ils sont dans un quartier exceptionnel.