Monsieur Moisan

J.A. Moisan est né le 25 décembre 1848, du mariage de Jean Moisan, menuisier du faubourg, et de Marie Anne Gingras. Il a grandi au milieu du faubourg Saint-Jean dans la Haute-Ville de Québec, lieu même où il fonde son commerce en 1871, en l'occurrence l’épicerie J.A. Moisan, et y élève sa famille. En 1885, l’épicier J.A. Moisan est devenu propriétaire de l’immeuble du 699, rue Saint-Jean. Son épicerie était fréquentée par des gens de toutes les classes sociales. On y trouvait déjà des produits rares, non disponibles au marché Berthelot de la Haute-Ville ou au marché Finlay de la Basse-Ville.

J.A. Moisan est né le 25 décembre 1848, du mariage de Jean Moisan, menuisier du faubourg, et de Marie Anne Gingras. Il a grandi au milieu du faubourg Saint-Jean dans la Haute-Ville de Québec, lieu même où il fonde son commerce en 1871, en l’occurrence l’épicerie J.A. Moisan, et y élève sa famille. En 1885, l’épicier J.A. Moisan est devenu propriétaire de l’immeuble du 699, rue Saint-Jean. Son épicerie était fréquentée par des gens de toutes les classes sociales. On y trouvait déjà des produits rares, non disponibles au marché Berthelot de la Haute-Ville ou au marché Finlay de la Basse-Ville. En 1921, M. Moisan achète la résidence voisine de son commerce (aujourd’hui le jumelé situé au 685, rue Saint-Jean), pour pouvoir y agrandir son magasin. Le projet d’agrandissement ne s’est pas concrétisé. Il a plutôt aménagé le premier plancher en espace commercial pour ensuite le louer à la Commission des liqueurs du Québec.

Il est décédé à l’âge de 78 ans, laissant dans le deuil sa deuxième femme, Ludivine Boudreault, et sept enfants de sa première femme, Laetitia Clavet. Ses obsèques ont eu lieu le lundi de Pâques en son église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste, en plein cœur du faubourg Saint-Jean où il avait fait carrière. Cinquante-six ans après sa fondation, le Vendredi saint 15 avril 1927, les abonnés du quotidien l’Événement pouvaient lire ce qui suit :
“L’un des vieux et des plus estimés commerçants de Québec est mort hier en la personne de M. Jean-Alfred Moisan, fondateur de la maison J.-A. Moisan, qui tient une épicerie modèle depuis plus d’un demi-siècle au nº 341 rue Saint-Jean.  Feu M. Moisan était un homme actif qui n’aimait pas à désarmer devant la vieillesse.  En dépit des avis d’une maladie qui l’avait tenu éloigné de ses affaires pendant plusieurs mois, il aimait à suivre les développements de son commerce. C’est en remplissant une tâche trop rude pour ses forces, ces jours derniers, qu’il a aggravé son état.  Dimanche dernier, il fut pris de douleurs rhumatismales en se rendant à la messe et il sentit bientôt que ses forces l’abandonnaient rapidement.  Il a expiré doucement vers six heures, hier soir, entouré de son épouse et de ses enfants.”

J.A Moisan a connu des événements bouleversants, notamment le grand incendie dévastateur de 1845 que ses parents ont vécu et qui a détruit la presque totalité du faubourg Saint-Jean (1 200 maisons sont détruites et 9 000 personnes se retrouvent sans abri). M. Moisan a résisté aux épidémies meurtrières, notamment celle du choléra, survenues en 1866 et 1871. Par la suite, il a fait face, mais cette fois en tant que commerçant et père d’une famille nombreuse, à deux incendies majeurs : l’incendie du faubourg Saint-Louis (1876) et celui, plus dévastateur encore, du faubourg Saint-Jean (1881); 1 500 familles ont été jetées sur le pavé alors que 800 maisons tombaient sous les flammes. Alors que la partie du faubourg Saint-Jean à l’ouest de la Côte Sainte-Geneviève était incendiée, y compris l’église Saint-Jean-Baptiste, l’épicerie J.A. Moisan était épargnée. Témoin du patrimoine commercial du quartier, ce commerce continue de jouer un rôle de service et de revitalisation de son milieu. Joseph Elzéar (J.E.), fils de Jean-Alfred Moisan, a succédé à son père en tant qu’héritier légal. En 1939, il a dû faire cession de ses biens pour cause de faillite. Acquis par son beau-frère Jean-Ernest (dit James) Beaudin, aussi employé de l’épicerie, le commerce sera remis sur pied. En 1978, après 50 ans de travail continu, Beaudin vend à Boris Maltais un commerce transformé, mais où l’on trouve encore les traces des anciens aménagements et beaucoup d’objets anciens.

C’est à ce moment que l’épicerie J.A. Moisan retrouve ses airs anciens grâce aux nouveaux propriétaires qui privilégient une approche respectueuse de restauration du patrimoine et une mise en valeur des objets anciens trouvés dans l’épicerie. Avec plus d’un siècle d’opération, l’épicerie J.A. Moisan continue à offrir au faubourg Saint-Jean une qualité de vie et une interprétation vivante du quartier. Cette présence active permet d’attirer une clientèle fidèle à laquelle s’ajoutent des touristes de plus en plus nombreux. Sans Moisan, la rue Saint-Jean n’aurait plus la personnalité et la couleur qu’on lui connaît.

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